Un tampon dans une main

Le rapport parlementaire sur les menstruations parviendra-t-il à régler la précarité menstruelle ?

On peut se demander pourquoi le rapport parlementaire, déposé par Laëtitia Romeiro Dias (LRM) et Bénédicte Taurine (LFI), est le tout premier sur le sujet. Après tout, les règles jouent un rôle prédominant dans la vie de 50 % de la population française. Ce document souligne que les menstruations sont génératrices d’angoisses et de souffrances pour les femmes et qu’il est temps d’en finir avec les tabous. Mais surtout, il s’attaque à deux axes importants : l’éducation et la précarité menstruelle.

L’éducation

Afin de briser les tabous et la désinformation autour du sujet, il faut commencer par éduquer. Un des problèmes mis en lumière par le rapport est que les jeunes filles ne reçoivent pas d’information sur le sujet avant la 4e alors que de plus en plus d’entre elles ont leur première menstruation en CM2 ou en 6e.

Une jeune fille qui n’a jamais entendu parler des règles, et qui doit y faire face par elle-même, sera naturellement angoissée et en souffrance psychologique. Trop souvent, dans une telle situation, elles ne savent pas vers qui se tourner et ont honte. Si personne ne leur a expliqué comment mettre un tampon ou utiliser une serviette, il y a risque de complication, dont des infections, si elles les portent pour une durée trop longue.

Le rapport suggère que les fabricants de produits hygiéniques pour les menstruations devraient être obligés d’indiquer sur leurs emballages la présence éventuelle de traces de substances toxiques. Afin d’éduquer, une notice devrait aussi être ajoutée soulignant que les serviettes ou tampons ne doivent pas être utilisées trop longtemps.

La lutte contre la précarité menstruelle

Selon les auteurs du rapport, il existe toujours aujourd’hui un problème de précarité menstruelle. Alors que l’on retrouve de plus en plus de distributeurs de préservatifs à proximité des pharmacies, aucun de ceux-ci ne propose de produits hygiéniques pour les menstruations ; une aberration selon elles. Puisque ces produits ont été reconnus comme étant de première nécessité il y a quelques années, elles proposent l’installation de distributeurs de protections menstruelles dans des lieux publics, afin de permettre aux femmes sans domicile fixe d’y avoir accès grâce à des cartes prépayées.

Cette décision a grandement plus à de nombreuses associations qui se battent contre cette précarité depuis des années. Elles affirment que le problème est de grande ampleur et que certaines femmes sont parfois obligées d’utiliser du papier journal en lieu de serviettes sanitaires, ce qui non seulement augmente le risque d’infections et autres maladies, mais peut aussi les rendre stériles. Sans parler du sentiment de honte qui peut créer en elles une détresse psychologique profonde.

Post Author: Amélie